11 décembre 2015
Début de la vente de la bibliothèque de Pierre Bergé

En 2009, Pierre Bergé se séparait de la collection d’art qu’il avait constituée avec Yves Saint Laurent. En décembre 2015, il se sépare d’une collection plus personnelle, celle de ses livres et manuscrits, commencée à son arrivée à Paris à l’âge de dix-huit ans lorsqu’il devient courtier en éditions originales. Plusieurs vacations seront nécessaires pour disperser les quelque mille six cents œuvres qui constituent cette collection.  

Ce n’est pas facile de se séparer d’amis de plus de quarante ans ! Et quels amis ! Je les aime tous, de Saint Augustin à André Gide, même si j’ai un faible que je ne saurais cacher pour Flaubert. Je ne regarde jamais non plus l’exemplaire de David Copperfield qui a appartenu à Dickens sans une tendresse particulière puisque c’est le premier vrai livre que j’ai lu quand j’avais 9 ans. Tous les livres dont je me sépare aujourd’hui, je les ai lus et je les ai aimés, et, si je leur dis adieu, c’est parce que je me méfie des successions. À 85 ans, il faut savoir affronter l’avenir avec calme et détermination. À l’instar d’Edmond de Goncourt, je veux que tous mes livres « soient éparpillés sous les coups de marteau du commissaire-priseur et que la jouissance que m’a procurée l’acquisition de chacun d’eux soit redonnée à un héritier de mes goûts ».  

Pierre Bergé, Catalogue de la première vente de la bibliothèque de Pierre Bergé, 11 décembre 2015

Galerie